Prendre soin de soi
Dans une société où tout va toujours plus vite, prendre soin de soi est parfois perçu comme un luxe, une parenthèse ou même une forme d’égoïsme. Nous nous autorisons plus facilement à prendre soin des autres que de nous-mêmes. Pourtant, comment pouvons-nous accompagner ceux qui nous entourent si nous négligeons notre propre équilibre ?
Prendre soin de soi n’est pas une mode. C’est un acte de responsabilité, d’amour envers soi-même et, finalement, envers ceux que nous aimons.
Que signifie réellement le mot « soin » ?
Le mot soin provient de l’ancien français soignier, lui-même issu du latin populaire soniare, qui évoquait déjà l’idée de se préoccuper de, porter attention, veiller sur. Le soin ne désigne donc pas uniquement un traitement médical. C’est avant tout une attention portée avec délicatesse. Le soin est une démarche profondément humaine.
Prendre soin de soi, c’est apprendre à s’écouter
Notre corps nous parle en permanence : la fatigue, les tensions, le manque d’énergie, les douleurs, les émotions qui montent sans prévenir…
Pendant longtemps, beaucoup d’entre nous ont appris à les faire taire : « Ça passera. », « Je n’ai pas le temps. », « Je dois continuer. »
Pourtant, ces signaux ne sont pas nos ennemis. Ils sont des messagers. Notre corps ne cherche pas à nous punir. Il cherche simplement à attirer notre attention lorsqu’un équilibre est rompu.
Nos émotions ne sont pas des faiblesses
La tristesse, la colère, la peur, la joie, l’enthousiasme… Toutes les émotions ont une raison d’être. Elles nous renseignent sur ce que nous vivons. Les refouler ne les fait pas disparaître. Au contraire, elles trouvent souvent un autre chemin pour s’exprimer : fatigue chronique, tensions musculaires, troubles du sommeil, irritabilité…
Prendre soin de soi, c’est accepter d’accueillir ses émotions sans les juger. Comme on accueillerait un visiteur qui vient nous transmettre un message.
La bienveillance commence envers soi-même
Nous sommes souvent notre critique le plus sévère.
Nous nous parlons parfois avec une dureté que nous n’aurions jamais envers un proche : Trop nul(le), Quel(le) c*n(*e), Pignouf, Tête de nœud, Idiot(e), Imbécile, Crétin(e), Débile, Abruti(e), Stupide, Nul(le), Incapable, Incompétent(e), Bon(ne) à rien, Raté(e), Minable, Lamentable, Ridicule, Pathétique, Pitoyable, Faible, Lâche, Paresseux(se), Fainéant(e), Égoïste, Écervelé(e), Boulet, Gland, Andouille, Triple buse, Tête en l’air, Tête de linotte, Gourde, Empoté(e), Maladroit(e), Catastrophe ambulante, Bon à jeter, Cas désespéré, Sans intérêt, Transparent(e), Inutile, Insignifiant(e), Inexistant(e), Vaurien(ne), Looser (loser), Bon à enfermer, Bouffon(ne), Clown, Pantin, Marionnette, et toutes sortes de noms d’animaux tous plus poétiques les uns que les autres…. : Âne, Bécasse, Dinde, Oie blanche, Pintade, Mouton, Mule, Bourrique, Chèvre, (Oh la)Vache, Cochon, Éléphant dans un magasin de porcelaine, Escargot, Limace, Cafard, Cloporte… Sans parler des expressions toutes aussi flatteuses : Je n’ai rien dans le cerveau, Je n’ai pas inventé la poudre, Je n’ai pas la lumière à tous les étages, Je suis lent(e), Je suis à la ramasse, Je suis un manche, Je suis une quiche, Je suis une bille, Je suis un blaireau, Je suis une m**de, Je suis une sous-m**de, Je suis un(e) crétin(e), Je suis vraiment stupide, Je suis un(e) raté(e), Je suis une honte, Je suis lamentable, Je suis pathétique, Je suis pitoyable, Je suis ridicule, Je suis bon(ne) à rien, Je suis inutile, Je ne sers à rien, Je suis un poids, Je suis un fardeau, Je suis une erreur, Je suis un problème, Je suis cassé(e), Je suis foutu(e), Je suis perdu(e), Je suis irrécupérable…..
Et comme nous sommes très prolifiques lorsqu’il s’agit de nous-même la liste est sans doute … ILLIMITEE
Mais si nous changions ce dialogue intérieur ? Être bienveillant envers soi-même ne signifie pas tout accepter sans évoluer. Cela signifie reconnaître que nous faisons de notre mieux avec les ressources dont nous disposons aujourd’hui. La douceur n’est pas de la faiblesse, c’est une force tranquille, une manière de construire plutôt que de se battre contre soi-même.
Mon corps, ce « temple » ?
Lorsque l’on évoque l’expression « le corps est un temple », certains y voient une image spirituelle. Pourtant, il n’est pas nécessaire d’y mettre une dimension religieuse ou ésotérique pour en saisir toute la profondeur. Imagine un instant un temple.
Qu’il soit une vieille chapelle bretonne, un temple japonais, une cathédrale ou un simple sanctuaire perdu dans la nature. Pourquoi ces lieux nous inspirent-ils spontanément le respect ?
Parce qu’on ne s’y précipite pas, on n’y jette pas ses déchets, on n’y crie pas, on ne le dégrade pas volontairement. Un temple est un lieu auquel on accorde de la valeur, on l’entretient, on le protège, on le restaure lorsqu’il s’abîme, on le laisse respirer, et surtout, on y revient régulièrement.
Pourquoi agirions-nous autrement avec le seul lieu que nous habiterons toute notre vie : notre propre corps ? Notre corps est notre première maison, nous pouvons changer de ville, de métier, de voiture, de vêtements…Mais nous ne changerons jamais de corps. Il est le lieu où nous naissons, où nous aimons, où nous travaillons, où nous vieillissons, où nous traversons les joies comme les épreuves. Il nous accompagne silencieusement depuis notre premier souffle. Il mérite sans doute davantage que ce que nous lui accordons parfois.
Prendre soin de son corps ne consiste pas à rechercher la perfection. Comme un gardien de temple ne passe pas ses journées à polir chaque pierre jusqu’à l’obsession. Son rôle est plus simple : veiller, observer, réparer lorsque cela est nécessaire, prévenir plutôt que subir, respecter les équilibres.
Notre corps fonctionne exactement de cette manière. Il nous parle continuellement : par la fatigue, par le sommeil, par l’appétit, par la douleur, par la joie, par les émotions.
Tous ces signaux sont comme les craquements d’une vieille charpente : ils ne sont pas là pour nous inquiéter, mais pour nous avertir qu’une attention est nécessaire.
Il existe une autre similitude, un temple ne devient pas magnifique grâce à un seul geste exceptionnel. Il le devient grâce à des milliers de petits gestes répétés : balayer, nettoyer, réparer une pierre, entretenir le jardin, ouvrir les fenêtres, laisser entrer la lumière…
Notre santé se construit exactement de la même manière, par des petits rituels quotidiens : se détendre, bien dormir, entretenir sa peau, se masser, soulager ses tensions, ses inconforts…
Et peut-être existe-t-il une dernière ressemblance entre un TEMPLE et notre CORPS…
Dans un temple, ce n’est pas la pierre qui est sacrée, c’est ce qu’elle protège. Notre corps non plus n’est pas seulement un assemblage d’os, de muscles et d’organes. Il est le lieu qui accueille notre histoire, nos souvenirs, nos émotions, nos rencontres, nos rêves, notre capacité à aimer, notre façon d’être…
Prendre soin de lui, ce n’est donc pas seulement entretenir une apparence, c’est prendre soin de tout ce qu’il rend possible.
La résilience commence aussi par le « prendre soin de soi »
À La B’Reizhilience, nous parlons souvent d’autonomie, de résilience, d’écologie ou encore de santé environnementale. Mais il existe une autre forme de résilience. La résilience intérieure. Celle qui consiste à prendre soin de soi avec autant d’attention que l’on prend soin de son environnement. Parce qu’une personne épuisée peine à prendre soin du monde.
Alors qu’une personne apaisée, qui rayonne de l’intérieur comme de l’extérieur et qui est respectueuse de ses besoins dispose d’une énergie bien différente pour agir.
Au fil des prochaines semaines, nous aurons le plaisir de vous présenter un nouveau Pack Douceur & Soin.
Il ne s’agira pas simplement d’une invitation à ralentir, à se reconnecter à soi-même, à cultiver des instants de douceur dans un quotidien souvent trop agité.
En conclusion
Prendre soin de soi, ce n’est pas rechercher la perfection, c ‘est apprendre, chaque jour, à écouter son corps avant qu’il ne crie, à accueillir ses émotions avant qu’elles ne débordent, à se parler avec bienveillance plutôt qu’avec exigence, à considérer que nous méritons, nous aussi, l’attention, la douceur et le respect que nous offrons si facilement aux autres. Car lorsque nous faisons de nous-mêmes un véritable temple de douceur, nous devenons aussi plus disponibles pour ceux qui nous entourent, plus résilients face aux épreuves, et plus en harmonie avec le monde qui nous accueille.
Et peut-être est-ce cela, au fond, la plus belle définition du soin : honorer le vivant, en commençant par celui que nous sommes.
Solution pour une vie saine, durable et en toute liberté.
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